Le poète martiniquais Aimé Césaire est mort jeudi matin à l’âge de 94 ans. Hospitalisé depuis le 9 avril au CHU de Fort-de-France, en Martinique, il était depuis plusieurs jours dans un état préoccupant, souffrant notamment de problèmes cardiaques.
Le ministère de l’Intérieur et de l’Outre-mer a immédiatement annoncé que des obsèques nationales seraient organisées, dimanche en Martinique, en son honneur. Plusieurs personnalités françaises et étrangères, dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, assisteront à la cérémonie.Selon l’équipe de l’hôpital Pierre Zobda-Quitman, où Aimé Césaire avait été admis pour des affections "de nature cardiologique", le décès est intervenu à 05H20 et la dépouille du poète a été restituée dès jeudi matin à sa famille.
Né en 1913 à Basse-Pointe, sur la côte nord de la Martinique dans une famille de petits fonctionnaires, Aimé Césaire avait été confronté très jeune à la misère de la population rurale d’une île profondément marquée par deux siècles d’esclavage, qui avait alors le statut de colonie.
Etudiant à Paris dans les années 1930, il avait forgé avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de la "Négritude", la conscience de l’identité noire, la "fierté d’être nègre" et de revendiquer ses origines africaines.
La "négritude" avait rapidement débordé le cadre des seuls intellectuels français pour se répandre dans les pays colonisés, en Afrique, dans les Caraïbes, et au delà chez les militants noirs américains en lutte contre les droits civiques. Son message avait dès lors pris un caractère universel, notamment après la publication de son "Discours sur le colonialisme" (1950).
Aimé Césaire a été député de Martinique pendant près de 50 ans. C’est en 1939, dans son célèbre recueil «Cahier d’un retour au pays natal» qu’il fait une entrée fracassante en poésie, employant pour la première fois le terme de «négritude» désignant par ce terme la conscience d’être noir. Le sénégalais Léopold Sédar Senghor a assuré que c’était Césaire qui a inventé ce mot mais ce dernier préférait parler de «création collective». Infatigable promoteur de l’autonomie, et non de l’indépendance, de la Martinique, Aimé Césaire a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.
Entré en politique avec le soutien du Parti communiste qu’il quittera en 1956, il devient maire de Fort-de-France de 1945, à 32 ans à peine, poste qu’il conservera jusqu’en 2001. Il est député de 1946 à 1993 puis président du Conseil régional de Martinique. Il quitte, en 2005 la vie politique et la présidence du Parti progressiste martiniquais (PPM) qui revendique l’existence d’une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation.













salut bien bas a un grand homme .. aux multiples " casquettes"
une petite citation de lui :
> Une civilisation qui s\’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
[Aimé Césaire]
a bientot
kathe
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